Retraite : Faut-il cotiser dès le début de sa carrière professionnelle ?

Retraite : Faut-il cotiser dès le début de sa carrière professionnelle ?

Retraite : Faut-il cotiser dès le début de sa carrière professionnelle ?

Le PER peut rapporter gros à l'épargnant prévoyant, mais il y a plusieurs paramètres à prendre en compte.

De plus en plus de jeunes souscrivent à un PER dès le début de leur carrière avec des versements modérés. 

La crainte et le doute des jeunes, la confiance vers un système complémentaire :

«La retraite, on n'en verra jamais la couleur» ou « on cotise mais on n'en profitera pas»... 

Un nombre croissant de Français estiment que le système de retraite actuel est à bout de souffle. Pour éviter de se retrouver sans ressources le moment venu, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers un système complémentaire par capitalisation. 

Le but : créer ses propres revenus de demain en cotisant aujourd'hui dans un Plan épargne retraite (PER). Si la majorité des souscripteurs ont déjà plusieurs décennies de vie professionnelle derrière eux, de plus en plus de jeunes en début de carrière décident de franchir le pas : «on voit un rajeunissement», confirme Nicolas Villet, directeur BNP Paribas épargne retraite et entreprise. Un comportement qui peut s'avérer très rentable.

Commencer tôt son épargne, un vrai atout :

«Pour les questions de placements qui touchent à la retraite, le temps compte énormément, donc plus on commence tôt, mieux c'est», souligne Nicolas Villet. 

Première raison : les intérêts composés 

Dans ce système, les intérêts créés par les placements engendrent eux-mêmes des intérêts et ainsi de suite. Ce qui donne un poids croissant aux versements les plus anciens et au temps. Et fait dire à certains, qu'en matière d'épargne retraite «tout se joue les dix premières années de la vie professionnelle».

Une question de taux d'intérêt 

  • Un taux d'intérêt élevé :

Mathématiquement cette vérité est inattaquable. Cependant pour créer un effet boule de neige conséquent, il faut que les taux d'intérêt du PER soient élevés. 

Dans le cas où ces derniers tournent autour de 8%, un individu décidant de placer 100 euros par mois de ses 25 à 35 ans, puis de laisser fructifier ce capital sans y toucher jusqu'à ses 65 ans, arrivera à une somme de 181.000 euros environ (12.000 euros d'apport et 169.000 d'intérêt). 

Pour arriver au même montant au même âge, un individu commençant à abonder son PER à 50 ans devra placer près de 550 euros tous les mois pendant 15 ans (99.000 d'apport et 82.000 d'intérêt)… donc un effort financier autrement plus exigeant.

  • Un taux d'intérêt conservateur :

Au contraire, si les taux sont à 1,5%, le premier n'aura accumulé que 20.000 euros environ au moment de son départ à la retraite (12.000 d'apport et 8000 d'intérêt). Une somme que le second peut atteindre en plaçant 100 euros par mois sur son PER entre ses 50 et ses 65 ans (18.000 d'apport et 2000 d'intérêt). Le gain des intérêts composés devient soudain beaucoup moins attrayant.

  • Le pilotage de son épargne retraite

Or des taux de 8% ou plus n'ont rien d'utopique : «si un individu est prêt à prendre des risques, on peut par exemple proposer de placer la moitié du montant sur des actions. Toutefois, l'année dernière le CAC 40 a pris près de 30%», souligne Nicolas Villet. Il s’agit du deuxième avantage majeur à commencer tôt un PER : «un jeune de 30 ans va pouvoir lisser le risque sur les 35 ans que va durer son placement. Ainsi les premières années il peut viser des taux de rendement élevés et ce chiffre va progressivement diminuer à l'approche de la retraite pour sécuriser le montant accumulé», ajoute Nicolas Villet.

Un argent bloqué ?

Si le jeu des taux d'intérêt pousse à placer dès que possible son épargne sur un PER, d'autres facteurs incitent au contraire à la prudence. 

«Au-dehors de certaines situations exceptionnelles, l'argent placé sur un PER est bloqué et ne peut être récupéré avant la retraite. Il faut donc réfléchir à deux fois avant d'investir», met en garde Bertrand Besson en charge des contrats Retraite au sein du Cabinet Bayvet –Basset , courtier en assurance à Paris. 

Or, la décennie 25-35 ans est celle des investissements : voitures, maison, vie de famille...Les jeunes actifs ont souvent d'autres priorités pour leur argent que leur retraite.

Les nouvelles souplesses, mais attention aux conditions contractuelles.

Depuis les réformes de 2019, il est plus facile de sortir l'argent accumulé, notamment pour acheter sa résidence principale. Des évolutions qui augmentent encore la facilité d'utilisation de ce placement. 

Attention toutefois, «les conditions de sortie sont dépendantes des contrats», prévient Bertrand Besson, qui conseille donc d'être particulièrement regardant et accompagné avant de choisir son PER.

De même, commencer un versement n'oblige pas forcément à le maintenir tout au long de sa vie active. «La réglementation n'impose aucune contrainte sur les conditions de mise en place, d'interruption ou de modification des versements réguliers», note Bertrand Besson. 

De plus, «certains contrats peuvent prévoir d'en mettre», ajoute-t-il. Il est donc là encore important de bien se renseigner avant de signer.

Toutefois, même si «25-35 ans est un âge très inhabituel», explique Philippe Crevel, directeur du cercle de l'épargne, « l'âge moyen d'ouverture d'un PER individuel a tendance à baisser, il se situe toujours autour de 40, 45 ans».

Un avantage fiscal discutable

Une vision complète indispensable !

Souvent considéré comme son atout majeur, l'avantage fiscal engendré par le PER est à relativiser. 

Le coup de pouce est le suivant : les sommes placées dans ce produit financier sont déductibles des revenus nets imposables à 100% (jusqu'à un certain seuil toutefois). Un avantage qui peut paraître colossal, mais qui n'a d'intérêt marqué que pour certains profils.

«Ce que vous ne payez pas maintenant, vous devrez le payer plus tard», met en garde Dominique Prévert, «une fois à la retraite les rentes générées entreront dans vos revenus et seront taxées en fonction de votre barème d'impôt». 

Certains profils y trouveront malgré tout leur compte. «Il n'y a pas de client-cibles», avertit Bertrand Besson, «mais ceux qui en tireront le plus sont les actifs qui paient beaucoup d'impôts sur le revenu et qui vont voir leurs émoluments diminuer à la retraite». Ce qui semble être la règle commune !

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