Pourquoi les complémentaires santé vont augmenter leurs tarifs en 2021

Pourquoi les complémentaires santé vont augmenter leurs tarifs en 2021

Une nouvelle peu réjouissante nous attend pour 2021 : la hausse des tarifs des complémentaires santé. Si elle paraît inévitable, son montant est moins certain : certains estiment qu’il serait de l’ordre de 1,5% quand les plus pessimistes tablent sur 3% à 5%. Pourquoi ? Comment se justifie-t-elle ? Toutes nos explications dans cet article.


Une augmentation de 2% des dépenses de santé

Les hausses tarifaires sont grandement liées à l’augmentation de 2 % par an des dépenses de santé. Cette hausse est elle-même due au vieillissement, qui entraîne davantage d’absentéisme en entreprise, une augmentation du nombre de personnes souffrant de pathologies chroniques, et l’application de nouveaux traitements souvent plus chers. Par ailleurs, ces dernières années, un certain nombre de charges ont été transférées aux mutuelles.


 

La réforme du 100% Santé

L’entrée en vigueur progressive du 100 % santé est également une des causes des hausses de tarifs. Désormais, les assurés qui choisissent une monture de lunettes ou une prothèse dentaire intégrée dans le panier 100 % santé, proposé par toutes les complémentaires responsables, n’ont rien à débourser (ce sera également le cas pour les prothèses auditives au 1er janvier 2021). Cette réforme a entraîné une augmentation de l’ordre de 10 à 20 % des remboursements de prothèses dentaires et de paires de lunettes pour des personnes couvertes par des formules d’entrée de gamme qui ne remboursaient auparavant pas bien ces soins. 



Des acteurs en difficulté

Pour un certain nombre d’acteurs de l’assurance-santé, qui doivent aussi composer avec une concurrence très forte et des taux d’intérêt bas, la période est compliquée : l’activité est de moins en moins rentable et un bon nombre d’acteurs en perte n’ont d’autre choix que d’augmenter leurs tarifs. Il est vrai que pendant le premier confinement, les Français se sont moins rendus chez le médecin et que les assureurs ont bénéficié d’une chute de 2,2 milliards d’euros de demandes de remboursement mais les consultations et les opérations chirurgicales ont ensuite repris. 

Le gouvernement a également décidé de taxer les assureurs santé, en prélevant auprès du secteur 1 milliard d’euros dès cette année et 500 millions d’euros l’année prochaine. Il n’est donc pas étonnant que cette contribution soit répercutée sur les tarifs 2021. Les assureurs ont demandé à l’Autorité des normes comptables de pouvoir intégrer dans l’exercice 2020 la totalité de cette taxe, et ainsi réduire le résultat imposable. Ils devraient avoir la réponse le 4 décembre. Et si les assureurs santé ne parviennent pas à intégrer cette taxe cette année, les assurances-santé pourraient augmenter davantage en 2021 et surtout en 2022.

Les acteurs de l’assurance collective s’attendent aussi à ce que la crise économique leur coûte cher, en raison de la hausse prévisible des impayés de cotisations par les entreprises en difficultés. Les assureurs redoutent en effet l’envolée attendue du chômage car, tenant compte du principe de « portabilité », ils devront continuer à maintenir, pendant 1 an, les garanties des salariés licenciés…