Plan épargne retraite : sortie en capital ou en rente ?

Plan épargne retraite : sortie en capital ou en rente ?

Plan épargne retraite : sortie en capital ou en rente ?

Lors de la sortie de son Plan Épargne Retraite ou PER, s’il est possible de choisir entre la rente mensuelle qui offre une certaine sécurité et la jouissance du capital, il est important de prendre en compte la question fiscale lors du choix de l’une ou l’autre des deux possibilités. Mis en place avec la loi Pacte du 1er octobre 2019, le PER vient se substituer à un ensemble de dispositifs d’épargne retraite : le PERP, le PERCO, le Plan MADELIN ainsi que le plan article 83. 

Lors de la retraite, les revenus sont considérablement diminués par rapport au niveau de salaire perçu en fin de carrière. Cette baisse a d’autant plus de conséquences lorsqu’il s’agit d’un couple dont la retraite est prise au même moment. Heureusement, certains produits d’épargne viennent apporter un complément aux indemnités retraite. Tel est le cas du PER ou de l’assurance-vie. Néanmoins, à l’heure actuelle, plusieurs voies des plans d’épargne retraite existent et la sortie de PER n’est plus toujours la plus avantageuse

Le nouveau PER offre dont la possibilité de sortir du plan par un versement en capital ou par le versement d’une partie en capital et de l’autre en rente. Face à cette double possibilité, comment déterminer celle qui sera la plus pertinente ? 

PRENDRE EN COMPTE LES FONDS DISPONIBLES.

Dans un premier temps, il est crucial de prendre en compte le niveau d’épargne dont dispose le jeune retraité. A ce titre :

  • Lorsque moins de 10 000 euros ont été placés, il est plus intéressant de privilégier le capital à la rente, cette dernière risquant de ne pas être suffisamment significative puisque souvent inférieure à 100 euros par mois.
  • A l’inverse, dès lors que l’épargne excède les 10 000 euros, le choix de la rente est plus opportun. En effet, dans ce dernier cas, le montant de celle-ci peut avoisiner les 300euros par mois.

Enfin, il peut être intéressant de programmer une rente sur plusieurs années afin d’augmenter le montant de la prime mensuelle, tout en étant certain de bénéficier d’un complément de revenus pour des années les plus actives, à savoir les premières années de retraite. 

PRENDRE EN COMPTE LA FISCALITE APPLICABLE.

En sus du niveau d’épargne, il est également important de prendre en compte l’imposition des sommes émanant du PER. En effet, cette dernière diffère selon que l’on ait choisit la rente mensuelle ou le capital. 

Tout d’abord, lors de ses années d’épargne, l’épargnant peut opter entre :

  • La déduction, dans la limite d’un certain plafond, des sommes déposées sur son PER de son revenu net total ; 
  • Le fait de ne pas opter pour cette déduction, bénéficier alors d’une exonération de l’impôt sur le revenu s’agissant des versements. 

Néanmoins, lors de la sortie, l’imposition est différente puisque : 

  • Dans le cadre d’une sortie en capital, les plus-values réalisées sont soumises à l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux prélèvements sociaux, soit une taxation à hauteur de 30% sur les revenus du plan ;
  • Dans le cadre d’une sortie en rente, c’est le régime d’imposition sur les rentes viagères à titre onéreux qui est applicable. 

De plus, si lors de ses années d’épargne, l’épargnant a fait le choix de la déduction des sommes déposées de son revenu net, alors : 

  • S’il privilégie une sortie en rente, celle-ci sera soumise au régime des pensions et retraites selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu après un abattement de 10%. 
  • S’il privilégie une sortie en capital, ses revenus, car largement augmentés, risquent de le faire basculer dans une autre tranche d’imposition. Pour autant, aucun abattement n’est alors applicable et ce, alors même que le capital versé est imposé selon le barème progressif de l’IR. Or, si ses revenus annuels atteignent 100 000 euros et que son capital PER est de 60 000 euros, il passe la barre des 158122 euros de la tranche à 40% et sera donc taxé à 45% sur l’ensemble de ses revenus annuels. 
  • Dans ce dernier cas, il est donc plus opportun d’opter pour la rente ou de programmer ses rachats sur plusieurs années afin de limiter l’imposition.

PRENDRE EN COMPTE SES BESOINS.

La fin de carrière et l’arrivée en retraite constituent très souvent un moment particulièrement important, ouvrant d’innombrables possibilités lorsque l’on en a les moyens. Cela peut être l’occasion de réaliser un projet ou un véritable changement de vie, longtemps rêvé et imaginé. A ce titre, les considérations fiscales ne sont pas toujours prioritaires. Au contraire, le PER peut être un véritable levier pour réaliser ses rêves et croquer la vie à pleines dents. 

Ainsi, si d’un point de vue purement fiscal, il est souvent recommandé d’opter pour une sortie en rente, le financement d’un projet d’acquisition requiert plutôt une sortie en capital afin d’éviter le recours à un emprunt. D’ailleurs, certaines circonstances telles que l’achat d’une résidence principale ou la fin d’indemnités chômages permettent de débloquer l’épargne placée sur le PER et ce, avant la retraite. 

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