Passer sa retraite à l’étranger : les 5 clés

Passer sa retraite à l’étranger : les 5 clés

Grèce, Espagne, Italie, Portugal, Île Maurice, vous rêvez d’évasion, de soleil et de d’optimisation fiscale mais connaissez-vous vraiment tous les critères d’un départ réussi ? Une installation à l’étranger revêt des aspects multiples dont il faut tenir compte. Votre eldorado est-il le bon ? Passez-le au crible de nos 5 clés pour passer votre retraite à l’étranger.

    1. Examinez la fiscalité

La première chose à savoir est que résider à l’étranger ne vous fera pas perdre votre statut de résident fiscal français. Vous êtes résident fiscal français, et donc taxé en France si l’intégralité de vos revenus provient d’une caisse de retraite française et d’un patrimoine détenu en France

Pour éviter une double imposition, une convention fiscale tranche et précise où seront imposés vos revenus. Pour les Français, la majorité des conventions signées prévoient des critères successifs :

  • La localisation du foyer d’habitation permanent 
  • Le centre des intérêts vitaux 
  • Le lieu de séjour habituel (au moins 183 jours par an)
  • Le pays de la nationalité

Si vous n’êtes plus résident fiscal français, vos pensions de retraite sont imposées dans votre pays d’accueil (sauf pour les fonctionnaires) mais ne sont pas soumises aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS…). En tant que résident fiscal étranger, vous êtes tout de même imposé sur les revenus de votre patrimoine immobilier conservé en France et soumis à l’IFI si la valeur de vos biens français dépasse 1,3 million d’euros.

Vous êtes aussi redevable des prélèvements sociaux (17,2%) sur vos revenus immobiliers et plus-values immobilières françaises, sauf si vous n’êtes plus affilié au régime de Sécurité sociale (le taux est alors de 7,5%). 

En revanche, vos dividendes, intérêts et plus-values de cession de valeurs mobilières échappent à ces prélèvements. 

 

    2. Soyez sûrs des dispositions matrimoniales et successorales qui vous sont appliquées 

Les règles matrimoniales et successorales de votre pays d’accueil ne sont peut-être pas les mêmes qu’en France, il faut donc vous renseigner :

  • Sans contrat de mariage, vous pouvez être soumis au régime légal du pays et non aux règles du droit français. Il est donc préférable de signer un contrat de mariage avant de partir afin de clarifier la situation. 
  • Certaines stipulations de votre contrat de mariage n’existent pas à l’étranger, il faut donc expressément les formuler. Ainsi, pour prendre l’exemple de l’Italie, la donation au dernier survivant n’existe pas et le Pacs n’a aucun effet civil. Les dispositions prises en matière testamentaire sont donc cruciales car par défaut, c’est le lieu de la résidence habituelle au moment du décès qui détermine la loi applicable à la succession, à moins qu’un testament ne désigne celle de la nationalité
  • A l’intérieur même d’un pays, les régions peuvent avoir leurs propres règles successorales. C’est le cas de l’Espagne où les dispositions à Madrid diffèrent de celles de Barcelone. Soyez donc vigilant si vous déménagez. 

Rappelez-vous enfin que, même si la loi française règle votre succession, sa taxation dépendra de la convention fiscale signée entre votre pays d’adoption et la France.

    3. N’achetez pas trop vite votre maison

Même si le coup de cœur est vite arrivé, nous ne vous conseillerons jamais assez de le tempérer afin d’être sûr de l’endroit où vous allez vivre. Les villages calmes en été peuvent être terriblement déserts en hiver tout comme les lieux paradisiaques hors saison s’avérer grouillants de touristes en été. Le plus sage est de louer à différentes périodes et d’étudier le marché local et ses prix sans se précipiter pour devenir propriétaire

Pas d’urgence non plus pour vendre votre résidence principale en France afin d’échapper à la taxe sur la plus-value si vous vous installez dans un pays de l’UE : il existe un délai de grâce. Vous conservez ainsi l’exonération de taxation sur les plus-values si la vente est signée avant le 31 décembre de l’année qui suit votre départ à l’étranger. La seule condition est de ne pas louer le bien que vous vendez, dans l’intervalle. 

    4. Vérifiez votre protection sociale

Dans un pays de la zone euro, le système de santé ressemblera peu ou prou à celui de la France. Demandez à être rattaché au régime de Caisse d’assurance-maladie local (Ameli.fr) et souscrivez à une mutuelle locale. 

Si vous préférez garder le régime français, vous pourrez bénéficier des soins du pays, mais serez remboursé selon la législation locale. Vous serez toujours à la charge de la France et paierez donc une cotisation d’assurance-maladie, prélevée sur vos pensions de retraite.

Si vous ne parlez pas la langue du pays, rapprochez-vous des grandes villes où il sera plus facile de trouver un personnel soignant parlant français. 

    5. Simplifiez vos démarches administratives

Inscrivez-vous sur le registre des Français établis à l’étranger : cela facilitera beaucoup vos démarches administratives et vous permettra, en plus, de bénéficier de l’assistance du consulat en cas de crise. 

Ouvrez un compte dans une banque nationale pour régler vos dépenses sur place. Si vous êtes toujours résident fiscal français, vous devrez le déclarer sur le formulaire précisé. (Une amande de 1500€ par compte ouvert en sanctionne l’oubli.)

Pour percevoir vos pensions, n’oubliez pas d’envoyer tous les ans à vos caisses de retraite un « certificat de vie » sinon vos versements s’arrêteront !

Dernières actus