Le PER, nouveau champion de l’épargne retraite ?

Le PER, nouveau champion de l’épargne retraite ?

Placement préféré des Français, l’assurance-vie était la star des produits d’épargne car sa souplesse lui permettait de jouer sur tous les tableaux. Mais le PER (plan épargne retraite), issu de la loi Pacte du 22 mai 2019, a rebattu la donne et semble faire encore plus fort en s’imposant comme le nouveau contrat couteau-suisse de l’épargne retraite. En trois mois, du 1er octobre au 31 décembre, 84 000 plans ont été ouverts, pour près d’un demi-milliard d’euros collectés. Pourquoi un tel succès ? 

Un avantage fiscal de taille à l’entrée

Les anciens contrats ne pourront plus être souscrits à partir d’octobre 2020 mais pourront encore être alimentés. Le PER sera alors le seul produit commercialisé sur le marché entièrement dédié à la constitution d’un revenu d’épargne retraite. Comme le Perp avant lui, le PER dispose de vertus fiscales, qui profitent encore plus aux foyers à hauts revenus soumis aux plus forts taux d’imposition (tranches à 30 %, 41 % et 45 %). Le titulaire d’un plan redevable de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) pourra aussi y loger des fonds immobiliers qui échapperont à cette taxation. Les épargnants les plus modestes sortent aussi gagnants car contrairement à l’assurance-vie, le fonds euros du PER n’est pas soumis aux prélèvements sociaux annuels.

Les versements volontaires sur un PER individuel ou collectif sont en effet déduits du revenu imposable dans la limite d’un plafond établi. Pour les particuliers, les sommes versées sont déductibles de votre revenu imposable ; pour les TNS, la cotisation est prise en charge par votre société, et déductible de votre résultat.

Un rendement financier à la hauteur

Le PER et l’assurance vie présentant les mêmes supports financiers, ils permettent d’obtenir le même rendement, soit 3% par an en moyenne. 

Une possibilité de sortie en capital 

La sortie sous forme de capital, au moment de la retraite, par rachats progressifs permet de s’assurer des revenus complémentaires réguliers en plus de sa pension. En rachetant son épargne en plusieurs fois, on peut en lisser plus facilement la fiscalité. Sur le PER, en réalisant des rachats bruts (avant impôts), vous êtes soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 30%. Le capital retiré sera, après, soumis à l’impôt sur le revenu

Dans le cas du contrat d’assurance vie, vous pouvez réaliser des rachats bruts dont la somme retirée se décomposera en une partie de capital et une partie de plus-values. Vous devrez alors payer des prélèvements sociaux (17,2%) sur les gains récupérés mais la partie en capital ne sera soumise à aucun impôt. Alors que la fiscalité du PER semble plus lourde que celle de l’assurance-vie, l’avantage fiscal accordé à l’entrée permet encore d’être gagnant sur le capital avec un PER.

Une sortie en rente très compétitive

La sortie sous forme de rente, possible dans le nouveau PER, permet de convertir son capital brut en revenus réguliers jusqu’à son décès. Dans le PER, l’intégralité de ce montant est soumise à l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux s’appliquent sur une fraction de cette rente annuelle, en fonction de l’âge des bénéficiaires.

Pour l’assurance vie, seule une partie de la somme est soumise aux prélèvements sociaux avant d’être transformée en rente : ce sont les intérêts. L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ne s’appliquent que sur une fraction de cette rente annuelle, en fonction de l’âge des bénéficiaires. Là encore malgré la fiscalité du PER, l’avantage fiscal accordé à l’entrée permet de bénéficier de rentes plus intéressantes avec le PER qu’avec l’assurance vie.

Un cas de déblocage anticipée pour acheter sa résidence principale 

La nouveauté du PER, c’est la possibilité offerte de déblocage anticipé pour acheter sa résidence principale. Cela signifie que votre épargne bloquée jusqu’à votre retraite ne l’est plus si vous l’utilisez pour accéder à la propriété de votre logement principal. C’est un cas de déblocage exceptionnel

Comme pour l’assurance vie, les sommes placées rapportent 3% de rendement par an. Mais au moment de la sortie en capital pour financer l’achat de votre résidence principale, une fois la fiscalité appliquée, vous bénéficierez d’une somme plus importante sur votre PER que sur votre assurance vie pour acheter votre résidence principale. Car même si l’imposition de l’assurance vie est moins lourde que celle du PER, l’avantage fiscal à l’entrée le rend toujours plus avantageux.

Si le PER semble remporter tous les suffrages, il faut tout de même rappeler que son domaine d’application reste celui de l’épargne retraite et que, sortie de ce domaine-là, l’assurance vie présente bien d’autres avantages. 

Il ne faudrait pas sous-estimer l’avantage que représente le déblocage non- encadré des fonds de l’assurance vie pour tous les coups durs de la vie que le PER ne prévoit pas. Un divorce, peut ainsi exiger des sommes bien souvent sous-estimées, et que l’assurance vie peut apporter. Car l’assurance vie permet de retirer des fonds à tout moment, sans motif particulier ni contrainte. Ces fonds sont disponibles dans un délai maximal de trente jours, encadré par le Code des assurances.

Combiner PER et assurance vie pourrait donc être la solution idéale pour préparer votre retraite en toute tranquillité !