Épargne retraite : pourquoi le PER met l’Assurance-vie KO

Épargne retraite : pourquoi le PER met l’Assurance-vie KO

La nouveauté de la loi Pacte, le PER (plan épargne retraite) rebat la donne des produits d’épargne pour bien préparer sa retraite. Et dans le match qui peut l’opposer au contrat d’épargne préféré des Français, l’Assurance-vie, le PER semble encore sortir gagnant… Quelles sont les raisons d’un tel succès ? Voici les 5 raisons pour lesquelles le PER met l’Assurance-vie KO.



Pour les Français les plus faiblement imposés, Assurance-vie 1/ PER 0

Première manche perdue pour le PER : pour les Français dans les tranches marginales d’imposition inférieur à 30%, la possibilité offerte par le PER de déduire les versements du PER de leur revenu imposable n’a pas d’intérêt. Pour eux, l’Assurance-vie est donc plus intéressante pour préparer leur retraite. 



Avantage fiscal à l’entrée, Assurance-vie 0/PER 1

La réduction d’impôt du PER est un avantage fiscal que ne possède pas l’Assurance-vie. Les versements volontaires sur un PER individuel ou collectif sont déduits du revenu imposable dans la limite d’un plafond établi. Par ailleurs, les sommes versées au titre de l’épargne salariale sur un PER collectif (Perco) sont entièrement défiscalisées à l’entrée tout comme les versements obligatoires sur un PER catégoriel (Article 83).

L’Assurance-vie n’offrant aucun avantage fiscal à l’entrée, est donc moins intéressante de ce point de vue-là.



Rendement financier, Assurance-vie 1/ PER 1

Le PER et l’Assurance-vie présentant les mêmes supports financiers, ils permettent d’obtenir le même rendement, soit 3% par an en moyenne. Manche nulle donc entre les 2 produits d’épargne. 



Sortie en capital, Assurance-vie 0/PER 1

La sortie sous forme de capital, au moment de la retraite, par rachats progressifs permet de s’assurer de revenus complémentaires réguliers en plus de sa pension. Il est préférable de procéder au rachat en plusieurs fois pour lisser la fiscalité. Sur le PER, en réalisant des rachats bruts (avant impôts), vous êtes soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 30%. Le capital retiré sera après soumis à l’impôt sur le revenu. 

Avec le contrat d’Assurance-vie, vous pouvez réaliser des rachats bruts dont la somme retirée se décomposera en une partie de capital et une partie de plus-values. Vous devrez alors payer les prélèvements sociaux (17,2%) sur les gains récupérés et la partie en capital ne sera soumise à aucun impôt.

Si la fiscalité du PER est donc plus lourde que celle de l’Assurance-vie, l’avantage fiscal accordé à l’entrée rend quand même le PER plus intéressant.




Sortie en rente : Assurance-vie 0/ PER 1

La sortie sous forme de rente, possible dans le nouveau PER, permet de convertir son capital brut en revenus réguliers jusqu’à son décès. Dans le PER, l’intégralité de ce montant est soumis à l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux ne s’appliquent que sur une fraction de cette rente annuelle, en fonction de l’âge des bénéficiaires.

Avec l’Assurance-vie, seule une partie de la somme est soumise aux prélèvements sociaux avant d’être transformée en rente : il s’agit des intérêts. L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ne s’appliquent que sur une fraction de cette rente annuelle, en fonction de l’âge des bénéficiaires.

Et là encore, si la fiscalité du PER est plus lourde que celle de l’Assurance-vie, l’avantage fiscal accordé à l’entrée rend quand même le PER plus intéressant.



Sortie anticipée pour acheter sa résidence principale : Assurance-vie 0/PER 1

La nouveauté du PER, c’est la possibilité offerte de déblocage anticipé pour acheter sa résidence principale. Cela signifie que votre épargne bloquée jusqu’à votre retraite ne l’est plus si vous l’utilisez pour accéder à la propriété de votre logement principal. C’est un cas de déblocage exceptionnel. 

Dans les 2 cas, les sommes placées rapportent 3% de rendement par an. Au moment de la sortie en capital pour financer l’achat de sa résidence principale, une fois la fiscalité appliquée, vous bénéficierez d’une somme plus importante sur votre PER que sur votre Assurance-vie pour acheter votre résidence principale. Car même si l’imposition de l’Assurance vie est moins lourde que celle du PER, l’avantage fiscal à l’entrée le rend toujours plus avantageux.



Si le match semble déséquilibré, il faut tout de même rappeler qu’il se déroule sur le terrain exclusif de l’épargne retraite et que, sortie de ce domaine-là, l’Assurance-vie présente bien d’autres avantages non évoqués ci-dessus. 

On aurait donc tort de sous-estimer l’énorme possibilité que constitue le déblocage non- encadré des fonds de l’Assurance-vie pour tous les coups durs de la vie que le PER ne prévoit pas. Le divorce, par exemple, réclame des fonds bien souvent sous-estimés, auxquels l’Assurance-vie peut répondre.

Envisager le PER gagnant ne peut donc se faire qu’à travers le prisme de la retraite et pour tout le reste, l’Assurance-vie reste le couteau-suisse indispensable à votre épargne. Combiner les deux produits paraît donc la solution idéale pour préparer sa retraite en toute sérénité.