Comment repenser le monde de l’assurance après la crise du Coronavirus ?

Comment repenser le monde de l’assurance après la crise du Coronavirus ?

Puisqu’on parle d’un monde « après Coronavirus » et que la crise sanitaire a engendré un véritable big-bang économique, le secteur de l’Assurance réfléchit plus que jamais à se réinventer. Comment ? Quels sont les enjeux auxquels le secteur est confronté ? et qu’attendre de la coordination européenne ?

1 mois après le déconfinement, une économie essorée

Le bilan à la sortie du confinement est amer : 6 points de croissance perdu en 2 mois, la Commission européenne qui prévoit une chute de 8,2% du PIB en 2020, une chute moyenne de 27% de l'activité en avril… Et le plus difficile serait pourtant devant nous, l’affirme les experts. Et c’est sur ce constat, que les assureurs ont compris la nécessité de « casser les codes », de faire preuve de plus de transparence et de réaffirmer leur rôle économique et sociétal. 
 

Les ambitions du Fonds de solidarité gouvernemental

Les assureurs et les régions ont alimenté ensemble un fonds de solidarité gouvernemental pour venir en aide aux professionnels et TPE. Ce fonds est destiné à sécuriser, guider les plus fragilisés par la crise et investir dans la reprise économique du pays. Mais ce programme d'investissement de 1,5 milliard d'euros qui engage le secteur de l’Assurance ne pourra soutenir la reprise économique que si les assureurs conservent des réserves solides. 

Les grands acteurs de l’Assurance n’ont cessé de l’expliquer : ils ne pourront garantir leur mission si leurs ressources financières sont mobilisées en intégralité à chaque crise. Attendre d’eux qu’ils aillent au-delà de leurs engagements, notamment concernant les pertes d’exploitation des entreprises dues aux fermetures administratives serait irresponsable

Ce qu’ils doivent à leurs clients et à l’économie en général est de garantir la transparence et de tenir les engagements pris envers leurs assurés en réglant leurs sinistres, en reconstruisant leurs bâtiments, en versant les rentes aux victimes d'accidents etc… 

Ce que souhaitent les assureurs c’est enclencher la reprise économique sur des bases différentes, de responsabilité sociale et environnementale, plus durables et plus défendables

 

Les attentes concernant la coordination européenne

Si cette crise a pris une tournure mondiale, la réponse devra être européenne. Et sur ce point, 3 piliers semblent se dégager si l’on en croit les transitions communes aux États européens.   

La transition démographique en cours qui voit l’allongement de l’espérance de vie et en parallèle une concentration des victimes du Coronavirus chez les 65 ans et plus, va réclamer de nouveaux services à développer en matière d'e-santé, de téléconsultation, de prévention et de services d'assistance. Il faudra aussi permettre le maintien à domicile des assurés et conjuguer les enjeux de dépendance. 

La transition climatique constitue, du fait du réchauffement du climat, la menace la plus certaine dans les décennies futures. Il faudra ainsi optimiser la modélisation prospective et développer les actions de sensibilisation, de pédagogie et de prévention pour faire face aux crises à venir.

Enfin la transition sanitaire et sécuritaire à enclencher devra permettre de modéliser aussi les risques pandémiques sur la base de ceux liés aux accidents climatiques. La définition d’un régime d’assurance pandémie pour parer aux grandes catastrophes extérieures (fermeture administrative dues à une pandémie, à des émeutes ou pour prévenir les effets d'une catastrophe environnementale) devra ainsi se faire à travers un partenariat public-privé équilibré, étant donnés les impacts et les coûts d’une telle assurance.

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