Ces usages méconnus de l’assurance-vie

Ces usages méconnus de l’assurance-vie

Ces usages méconnus de l’assurance-vie

NOS CONSEILS - Ce n’est pas une simple enveloppe à la fiscalité avantageuse. C’est aussi un instrument à usages multiples.

L’assurance-vie est souvent perçue comme est un placement comme les autres, la diversité financière et les avantages fiscaux en plus. 

Pour beaucoup d’épargnants, l’assurance-vie est un placement comme les autres, la diversité financière et les avantages fiscaux en plus. C’est pourtant loin d’être le cas: ce produit recèle de nombreuses spécificités que vous aurez bien du mal à trouver ailleurs.

1. Pour obtenir une avance à la place d’un crédit

Savez-vous, par exemple, qu’elle vous permet d’obtenir une avance en cas de besoin d’argent ? Grâce à ce mécanisme, vous pouvez retirer momentanément une partie du capital accumulé que vous rembourserez plus tard. Le tout, sans avoir à payer d’impôt sur les sommes retirées (il ne s’agit pas d’un rachat) et sans devoir affronter des frais sur versement au moment où vous la rembourserez. « C’est une alternative souvent attractive aux crédits à la consommation », juge Édouard Michot, fondateur du courtier Assurancevie.com.

Elle n’est cependant pas totalement gratuite : comptez environ 1,5 % par an du montant avancé. En cas de non-remboursement dans les trois ans suivants, éventuellement renouvelables selon les assureurs, la facture peut monter et l’assureur a le droit de la convertir automatiquement en retrait, avec des impôts à la clé. En général, il est possible d’obtenir jusqu’à 80 % de l’épargne investie dans le fonds en euros, mais il est déconseillé de la pratiquer sur les supports en unités de compte, au risque de voir le coût s’envoler si les supports choisis voient leur valeur baisser durant cette période.

2. Pour garantir un prêt

Autre usage insoupçonné, l’assurance-vie peut servir de garantie à un prêt, évitant ainsi de payer une hypothèque s’il s’agit d’un bien immobilier, voire d’éviter la souscription d’une assurance emprunteur. Ceci permet aujourd’hui d’échapper à des dépenses qui pèsent parfois plus lourd que le seul coût des intérêts. «Ce nantissement sécurise le prêteur sur le remboursement des sommes accordées, explique Yves Conan, directeur général du courtier Linxea. Mais il implique aussi certaines contraintes. Ce montage donne en effet un droit de regard du prêteur sur les mouvements de votre assurance-vie. Il peut par exemple s’opposer à un arbitrage s’il juge qu’il est susceptible de réduire sa protection.»

Vous ne pourrez pas non plus disposer de votre argent en cas d’autre besoin, sans l’accord du prêteur, jusqu’à la date de fin du prêt ou de l’hypothèque. Ces contraintes restent assez légères au regard des économies engendrées, d’autant que votre épargne continuera à fructifier. Avec quelques chances de rapporter plus que ce que vous coûte le crédit. « C’est une opération intéressante pour une personne qui, en raison de son état de santé, ne peut s’assurer ou qui doit supporter des surprimes qui renchérissent le coût de l’assurance », met aussi en avant Valérie Bentz, responsable patrimoniale à l’Union financière de France.

3. Pour diversifier sans risque pour ses héritiers

Autre détail qui passe souvent inaperçu : l’existence de garanties en cas de décès qui offrent l’opportunité de diversifier sans risque. Avec les garanties dites «planchers», vous avez la certitude que les bénéficiaires recevront, au minimum, les sommes investies nettes de frais. Certains contrats l’accordent gratuitement, mais avec des limites d’âge ou de capitaux, d’autres la proposent en option payante. Rassurant si vous voulez mener une gestion dynamique de votre épargne, tout en préparant la transmission de ce patrimoine.

4. Pour rémunérer sa trésorerie

Des liquidités à placer ? Là encore, l’assurance-vie peut être d’un bon secours, à condition de disposer d’un contrat sans frais sur versements et, si possible, d’au moins huit ans. Vous pourrez en effet les placer dans le fonds en euros garanti, et la retirer à tout moment sans impôts ou avec des impôts allégés. Avec un bon fonds en euros, vous avez encore l’espoir de gagner 1 % net, voire davantage, soit deux fois plus qu’avec un simple livret A. Attention cependant: de plus en plus d’assureurs n’acceptent les versements dans leur fonds en euros qu’à condition d’en diriger une partie (20 % à 50 %) vers des supports risqués. Pas idéal, dans ce cas, pour placer une somme qui doit rester disponible et sûre.

5. Pour diversifier sans y penser

Vous avez conscience de la nécessité de diversifier votre épargne pour engranger des performances positives, mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Pas de souci. De plus en plus de contrats proposent de confier le pilotage de son argent à un professionnel, au travers de la gestion pilotée, ou sous mandat. Vous n’aurez qu’à définir le niveau de risque que vous êtes prêt à accepter. Le professionnel se chargera de répartir les sommes sur les supports qui lui semblent les mieux indiqués et procédera aux arbitrages nécessaires aux moments opportuns. Les résultats que publient de nombreux assureurs sont, dans l’ensemble, plutôt convaincants, surtout dans l’environnement compliqué des marchés boursiers ces dernières années.

6. Pour le réemploi d’un bien démembré

L’assurance-vie peut aussi se prêter à des montages juridiques sophistiqués, comme un démembrement. «Lorsqu’un parent et un enfant, par exemple, possèdent un bien immobilier en indivision et souhaitent s’en séparer, il est possible de réinvestir les fruits de la vente dans une assurance-vie qui sera à son tour démembrée. L’usufruitier pourra en tirer des revenus, à un niveau fixé par une convention avec le nu-propriétaire», détaille Valérie Bentz.

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